Le décès d’un parent ouvre une période où les obligations administratives s’accumulent alors que le temps disponible reste limité. Entre le congé accordé par l’employeur, la déclaration en mairie et les justificatifs à fournir, chaque étape obéit à des délais distincts qui ne se recoupent pas toujours. Mesurer ces écarts permet d’anticiper les blocages.
Congé pour décès d’un parent : durées légales comparées par lien de parenté
Le Code du travail (articles L3142-1 à L3142-3) fixe des planchers de jours ouvrables selon le lien avec la personne décédée. Aucune condition d’ancienneté n’est requise.
| Lien de parenté avec le défunt | Durée minimale légale (jours ouvrables) | Remarque |
|---|---|---|
| Conjoint, partenaire de Pacs, concubin | 3 | Aucune distinction entre mariage, Pacs et concubinage |
| Père ou mère | 3 | Identique pour le beau-père ou la belle-mère |
| Frère ou sœur | 3 | Lien direct uniquement |
| Enfant de moins de 25 ans | 12 | Inclut l’enfant du conjoint, partenaire de Pacs ou concubin |
| Enfant de 25 ans ou plus | 5 | Durée relevée par rapport aux autres liens |
Ces durées sont des minimums. La convention collective peut prévoir des jours supplémentaires, parfois le double du plancher légal. Un simulateur sur service-public.fr permet de vérifier ce que prévoit la convention applicable à l’entreprise.
Pour le décès d’un enfant de moins de 25 ans, un congé de deuil complémentaire de 8 jours ouvrables s’ajoute aux 12 jours, fractionnable sur une année. Ce dispositif ne concerne pas le décès d’un parent ascendant.

Secteur privé et fonction publique : un écart de régime à connaître
Dans la fonction publique, le congé pour décès prend la forme d’une autorisation spéciale d’absence (ASA). Selon une actualité officielle publiée le 31 juillet 2026, l’ASA pour décès d’un parent proche est harmonisée à 3 jours (père, mère, beau-père, belle-mère, frère ou sœur).
Le cadre des ASA a été révisé en 2026 avec un nouveau régime applicable à partir du 1er janvier 2027 pour certains événements familiaux. Jusqu’à cette date, des disparités subsistent entre les trois versants de la fonction publique.
En revanche, dans le secteur privé, le congé est immédiatement applicable et rémunéré. Le salarié conserve sa rémunération habituelle pendant toute la durée du congé, sans délai de carence.
Déclaration de décès en mairie : délai réel et documents exigés
La déclaration de décès en mairie doit être faite dès que possible. Lorsque le décès survient dans un établissement de santé, celui-ci doit le déclarer dans les 24 heures. Pour un décès à domicile, c’est un proche ou toute personne disposant des pièces nécessaires qui effectue la démarche.
Les documents à réunir pour la déclaration :
- Le certificat médical de décès, établi par le médecin ayant constaté le décès (ou le médecin de service dans un hôpital ou une maison de retraite)
- Le livret de famille du défunt ou une pièce d’identité (carte de séjour pour les ressortissants étrangers)
- Un justificatif d’identité de la personne déclarante
- Le certificat de non-port de stimulateur cardiaque, uniquement en cas de crémation
La mairie délivre ensuite l’acte de décès. Toute personne peut demander un acte de décès sans justification ni preuve d’identité, et la démarche est gratuite. Sur place, l’acte est remis immédiatement. Les demandes en ligne ou par courrier impliquent des délais variables.
Décès survenu à l’étranger
La procédure diffère sensiblement. Il faut déclarer le décès auprès des autorités locales et auprès des services consulaires français. Une démarche numérique via Service Public, avec connexion FranceConnect, permet ensuite de télécharger l’acte de décès au format PDF.
Justificatifs à fournir à l’employeur pour le congé décès
Le salarié doit informer son employeur du décès et lui transmettre un justificatif. L’acte de décès délivré par la mairie constitue la pièce de référence. Certains employeurs acceptent également un avis de décès ou un certificat des pompes funèbres, mais l’acte de décès reste le document opposable.
Le congé se prend dans les jours entourant le décès ou les obsèques, sans obligation de le débuter le jour même. Le salarié et l’employeur peuvent convenir d’un positionnement adapté, en particulier lorsque les funérailles sont organisées après un délai lié au rapatriement du corps ou à des contraintes familiales.

Calendrier des démarches dans les premières semaines après le décès
Au-delà du congé et de la déclaration en mairie, d’autres démarches s’enchaînent selon un calendrier contraint :
- Dans les 24 heures : constatation médicale du décès, vérification des dernières volontés (testament, convention obsèques, don d’organes), déclaration en mairie
- Dans les 6 premiers jours : organisation des obsèques (inhumation ou crémation), contact avec les pompes funèbres, choix du mode de financement des obsèques
- Dans le premier mois : notification aux banques, à l’employeur ou la caisse de retraite du défunt, à la sécurité sociale, à la mutuelle, à l’assurance habitation et aux prestataires de services (énergie, téléphonie)
- Dans les 6 mois : ouverture de la succession auprès d’un notaire, déclaration de succession aux services fiscaux
Les 3 jours ouvrables de congé couvrent rarement l’ensemble de ces démarches. Des jours de congés payés ou de RTT complètent souvent cette période, surtout lorsque le défunt résidait loin du domicile du salarié.
Le règlement de la succession peut s’étendre sur plusieurs mois. Le notaire centralise les pièces (acte de décès, livret de famille, contrats d’assurance-vie, actes de propriété) et coordonne le partage entre héritiers. Rassembler ces documents en amont, pendant la période de congé, réduit les allers-retours ultérieurs.